Le Blog du DD sur France Info

5 05 2010

J’ai eu l’honneur d’être invité le mardi 4 mai 2010 à L’émission « L’amphi » sur France Info.

Comme chaque mardi, Olivier Emond, journaliste à France Info s’est déplacé dans une université ou une grande école afin de débattre avec des étudiants sur l’actualité de la semaine à partir de sujets qu’ils ont choisis.

L’invité de cette semaine était Noël Mamère, ancien journaliste, homme politique français et élu des Verts. Nous avons ainsi abordé les thèmes d’actualité que sont la loi grenelle II, la catastrophe de la plateforme pétrolière BP, les éco-labels, etc.

Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur les propositions de M. Mamère. D’un point de vue humain, le personnage fût extrêmement sympathique ;-) .

Merci à Olivier Emond et à Animafac pour leur invitation.




Climat sceptique pour les rencontres de Bonn

3 05 2010

Les négociations sur le climat viennent de refaire leur apparition à Bönn il y a quelques semaines. Près de 1500 négociateurs ont été appelés à discuter de la suite à donner à la  COP 15 de Copenhague. En fin d’année dernière le résultat était bien connu : un sérieux gâchis de temps. Alors qu’il n’y a plus de tête pour mener les discussions, après la démission d’Yvo de Boer en Mars dernier, le climat de ces négociations s’est vu légèrement pollué par la montée pressante du « climato-scepticisme ». En France, les multiples apparitions à la radio et à la télévision des figures que sont Claude Allègre ou Vincent Courtillot y sont pour beaucoup, mais on constate également que de plus en plus de scientifiques se rallient à leur cause aux États-Unis.

A côté de ce climato-scepticisme, ceux sont les lobbys économiques et industriels, qui ont le vent en poupe. Les moyens utilisés pour arriver à leur fin, c’est-à-dire, lutter contre l’idée de réchauffement climatique afin de ne pas toucher à leurs intérêts économiques, sont grands et les citoyens sont de plus en plus perdus face aux aux différents sons de cloches relayés par les médias. Qui croire ? C’est donc avec ce climat tendu, de suspicion, de doute sur l’avenir, que ces rencontres ont débuté pour mettre en place un calendrier de négociations qui devrait se terminer à Cancun pour la COP 16.

Les négociateurs, qui très souvent, ont consacré une grande partie de leur vie à leur profession, doivent faire face à une crise de confiance. Cette tension a rendu délicate les négociations qui furent incontestablement plus compliquées que celle de Copenhague, où il y avait un certain espoir. Vers qui se tourner ? Le multilatéralisme Onusien a-t-il de l’avenir ? En marges du coeur des négociations, des groupes de travail et de réflexion se réunissent et regrette le manque de volonté politique de la communauté internationale.

Tandis que l’énergie des ONG et des négociateurs s’épuise, celle des multinationales parait ne jamais fléchir. Le regain de force des scientifiques climato-sceptiques, qui se font leurs relais, y est certainement pour beaucoup. Doit-on désormais revoir notre système décisionnel ? Le penser global, agir local va-t-il enfin voir le jour ? Et quel cadre global pourrait le contraindre ? Toujours les mêmes questions sont posés, et toujours pas de réponse claire.




L’écologie vue du ciel

30 04 2010

Tout le monde connait le photographe Yann Arthus-Bertrand. Non content de faire de magnifiques clichés de diverses endroits du monde depuis son hélicoptère, il a également réalisé une série de documentaires. Je viens donc de finir la « saison cinq », et je dois dire que malgré ses défauts, notre ami l’hélicolo a compris beaucoup de choses.

Il propose en effet de traiter plusieurs sujets à travers trois films. Tout en voyageant au dessus de paysages à couper le souffle, Yann nous amène à la rencontre de plusieurs personnages. Chacun exerce une activité avec passion et accepte de nous la faire partager. Chacune est unique, et la diversité est telle que l’on a pas le temps de s’ennuyer. Il couvre de très larges problématiques, mais illustrées par des exemples très concrets. Certains sont inconnus et mène un combat local, comme Margane Turband qui tente de sauvegarder les côtes hawaïennes. D’autres sont mondialement connus à l’instar de Muhammad Yunus, l’inventeur du microcrédit. En général, le point commun de tous ces gens est leur volonté de changer les choses, d’évoluer vers un monde meilleur. Mais le photographe laisse s’exprimer des voix très différentes. Ainsi, dans son documentaire sur « la fin du pétrole », on assiste à une interview du directeur de Total avant de suivre la vie d’un Belge ayant décidé de vivre sans consommer la moindre goutte de combustible fossile. Ces documentaires sont donc à la fois fouillés et variés. Le tout est épicé de ces voyages en plein ciel qui nous font tous rêver.

Via ses films, Artus-Bertrand tente de sensibiliser aux problèmes de notre société actuelle. Mais son but n’est pas la culpabilisation, tout est fait sur un fond d’optimisme. Il reste cependant conscient de l’immense chantier qui se tient devant nous. Il met également bien en évidence le lien étroit entre la protection de l’environnement et la luttes contre les inégalités. Il ne faut donc pas hésiter: ses documentaires sont à la foi intéressants et divertissants. A voir et à revoir!

Site de l’émission, la saison 5 se compose des épisodes:
« Toujours plus! »
« La fin du pétrole »
« Les héros de la nature »




Pourquoi déployer tant d’énergie pour ne rien faire ?

13 04 2010

Comme certains ont pu le constater, le climato-scepticisme est très à la mode en ce moment. Surfant sur la vague (ou à l’origine?) notre ami Allègre en profite pour se faire inviter régulièrement sur les plateaux télé et vendre sa littérature au grand public. Mais son show ne fait pas que des heureux. En effet, plusieurs centaines de scientifiques provenant des diverses disciplines climatiques se sont récemment rassemblés pour envoyer une lettre au gouvernement l’invitant à réagir face « aux accusations mensongères » de Mr. Allègre. Valérie Pecresse s’est empressée de confirmer sa confiance envers les sciences du climat et a promis d’organiser un débat serein sur la question. Cette mobilisation exceptionnelle vise à dénoncer les méthodes de Mr. Allègre. En effet, ses objections ne respectent pas du tout les règles d’un débat scientifique.

Pour mieux comprendre, je vais commencer par vous faire profiter de mon point de vue de jeune chercheur pour expliquer comment la recherche scientifique communique et débat. Lorsqu’un scientifique obtient des résultats nouveaux, il doit les faire « valider » par la communauté. Ce procédé fonctionne via des revues spécialisées. Concrètement, on envoie un papier expliquant les résultats obtenus, le protocole utilisé ainsi que la conclusion des mesures. Le texte est alors envoyé à plusieurs autres chercheurs spécialisés dans le même domaine, qui acceptent de jouer le rôle de « relecteur ». La publication est alors acceptée uniquement si le papier ne contient pas d’erreur, et si la démarche est cohérente. La recherche actuelle fonctionne aussi beaucoup par internet pour la communication des résultats. En effet, parallèlement aux revues, les publications sont souvent également diffusées sur la toile (par exemple en science physique, la majorité passe par le site arxiv.org). Mais il est important de rappeler que si ces archives web permettent une diffusion rapide et efficace des travaux, ils ne garantissent pas la qualité de ceux-ci. L’évaluation du travail se fait donc essentiellement par le biais des revues. Bien entendu, il arrive souvent que malgré cela, des résultats en particulier soient faux ou incomplets. Dans ce cas, lorsqu’une autre équipe de recherche s’en aperçoit, elle propose la publication d’un autre papier en réponse, qui explicite les erreurs du premier et apporte une nouvelle réponse au problème. Voilà donc le modèle actuel du débat scientifique. Celui-ci ne peut évidemment fonctionner que grâce à l’intégrité des chercheurs, qui s’engagent à ne pas déformer d’autres résultats et/ou reconnaître les erreurs lorsqu’elle sont démontrées.

Mais la prose de notre ami Claude n’entre malheureusement pas du tout dans ce cadre. Tout d’abord, son livre, grand public, n’est réévalué par aucun scientifique avant sa publication. Cela ne serait pas forcément un problème si il ne prétendait pas « démontrer » les erreurs du GIEC. En effet, il joue de son crédit scientifique, en tant que chercheur CNRS, et affirme ce qui l’arrange. « Toutes les courbes [y] sont redessinées. Il y a donc des inexactitudes ou même des exagérations par rapport aux originaux. C’est un choix éditorial » explique-t-il. Mais tout le monde peut retracer des courbes à sa sauce. Il ne faut pas tout mélanger, les arguments scientifiques et la conviction politique.

Cela dit, je suis personnellement très déçu de toute cette médiatisation. Tout d’abord, on comprend vite que les motivations du climato-scepticisme ne sont en général pas celles d’un débat scientifique. Ce qui dérange vraiment les gens, ce ne sont pas les incertitudes scientifiques, ce sont les conséquences que cela aurait sur notre mode de vie. La confirmation du dérèglement climatique implique nécessairement la refonte de notre système de production et de consommation. C’est bien pour cela qu’Allègre préfère séduire les foules plutôt que de participer à un débat scientifique. Beaucoup de gens ne demandent qu’à croire que l’on a pas besoin de changer quoi que ce soit.

Le vrai problème de ce « faux débat » est qu’en réalité, la conclusion du changement climatique ne devrait pas influencer les décisions politiques. En effet, il y a beaucoup d’autres raisons, toutes aussi graves, qui doivent nous pousser à changer. Notre économie est fondamentalement dépendante des énergies fossiles, et nous savons tous que les stocks sont limités. Attendrons-nous d’être complètement acculés pour décrocher ? Le modèle agricole est aussi un enjeu d’échelle mondiale, et il cumule les problèmes environnementaux et sociaux. L’agriculture intensive détruit l’écosystème locale et stimule la déforestation. Parallèlement, on est confronté à l’absurdité d’une production suffisante pour nourrir la planète, mais qui laisse un milliard d’humain souffrir de la faim. Il y a aussi toutes les pollutions et inégalité locale que notre soif d’énergie nous fait alimenter. Comme au delta du Niger ou Total et Shell pillent les ressources pétrolières d’une population toujours plus pauvre. Et ces exemples-là se ramassent à la pelle ([1][2][3][4], etc.).

Nous avons 1000 raisons de changer notre comportement, le climat ne devrait-être qu’une sonnette d’alarme de plus. Toute cette vague du climato-scepticisme laisse entendre que ce dernier est le seul problème de notre industrie, et encore, « on en est pas sur ». Pourquoi changer alors ? C’est donc là qu’est commise la plus grosse erreur. Oui, l’impact de nos émission de CO2 est une question difficile, mais laissons celle-ci aux experts. Nous devons de toute façon guérir de notre addiction à l’énergie. Quoi qu’il arrive, nous devons repenser notre consommation et l’organisation de notre société.




Vers une société de confiance ?

7 04 2010


Video : Yann Algan est l’auteur en 2008 de « La société de défiance : comment le modèle social français s’autodétruit » prix du livre d’économie 2008. Il a obtenu le prix du jeune économiste en 2009.

Une société de défiance et non une société de confiance ! Yann ALGAN dresse un constat inquiétant de la situation en France. On est loin derrière les anglais ou les scandinaves : peu de confiance envers les institutions, l’Etat. On peut remarquer aussi aisément le peu de confiance (flagrant) envers les forces de police. Alors qu’on peut avoir un sentiment de sécurité à côté d’un bobby, on s’attend plus à des altercations à côté d’un gardien de la paix. Sentiment général ? Pas une vérité absolue heureusement…

Quel rapport avec le DD me direz-vous ? Peut-on imaginer un mode de vie durable, équitable, dans une société de défiance ? Car les français n’auraient pas confiance non plus en leurs propres concitoyens (un véritable débat sur l’identité nationale aurait pu changer cela. On pourrait revenir sur les intentions du gouvernement mais c’est un autre débat).

Comment imaginer alors des systèmes de coopération, une plus importante utilisation des transports en commun, d’autopartage ou de covoiturage, etc ? Les services de mobilité de demain notamment reposent sur une confiance entre citoyens, institutions, autorités, de par l’utilisation de données publiques, la surveillance ou tout simplement le côté « vivre ensemble ».

Résistance de l’auto-solisme, climato-scepticisme. Manque de confiance, défiance ? Peut-être. Comment s’en sortir ?

That is the question.




L’addiction à la croissance ne réussit pas toujours à la Chine

2 04 2010

Ordos, voilà un lieu bien singulier. Cette ville chinoise a tout pour plaire : opéra, stade, musée, palais des expositions… Ses bâtiments flambants neufs sont sensés accueillir 1 million d’habitants. « Sensés » ? Et oui, car cette splendeur des temps modernes est en fait une ville fantôme !

Nous sommes en 2004, dans la vielle ville de Ordos. La province joui alors d’une des plus fortes croissances de Chine. Désireux de maintenir son essor, le gouvernement local investît plus de 2 milliards d’euros dans un grand projet de construction : Ordos la nouvelle. Le but est clair : « désengorger » la vieille ville, créer un nouveau pôle économique et promouvoir ainsi une croissance effrénée.

Malheureusement le résultat est tout autre, les habitants de la vieille ville refusent de déménager. Bien sur, la région pensait bien faire. Si le gouvernement chinois prévoit de gros chèques pour soutenir les grands projets immobiliers, c’est qu’il doit y avoir une raison ! Les promoteurs se sont aussi jetés sur l’occasion pour placer leur argent. Mais voilà, personne ne veut habiter une ville fantôme.

Cette ville est-elle un symbole de la défaillance du système économique ? Pour maintenir artificiellement la croissance, la Chine est prête à investir des milliards dans la construction d’un mirage. N’est-ce pas là le signe que la recherche perpétuelle de croissance est absurde ?

Merci à Marc pour cette trouvaille! Voir aussi le site d’Arte pour une version française des faits.




L’abandon de la taxe carbone sonne le glas de l’écologie de droite

25 03 2010

Fillon l’avait annoncé, Sarkozy l’a confirmé, la mesure phare  du Grenelle de l’environnement a été mise au placard. La défaite de la droite aux Régionales a sans doute été trop lourde. Le président a donc réagi en revenant aux fondamentaux de son corps de métier : le libéralisme tous azimuts.

Alors qu’à peine quelques jours plus tôt les candidats UMP juraient que l’écologie n’était pas l’apanage de la gauche, le gouvernement nous donne aujourd’hui la certitude du contraire. Et c’est le Medef qui semble avoir eu le dernier mot, dixit Chantal Jouanno, au nom de la compétitivité, du libre marché et du retour de la croissance (promise depuis si longtemps).

La leçon tirée des élections de mi-mandat par le Conseil des ministres semble avoir été claire : les écolo-friendly ne votent de toute façon pas à droite ; alors pourquoi s’entêter à essayer de les séduire ? Si le résultat du scrutin de dimanche dernier pouvait en parti donner raison à cette théorie, l’exécutif replonge sa stratégie dans des tactiques politiciennes de bas étage et met fin à ce qui aurait pu être un progrès indéniable vers une économie plus soutenable.

Il est vrai que le revers infligé par le Conseil Constitutionnel l’hiver dernier avait semé le doute dans l’opinion publique. Mais ne nous y trompons pas, les sages ont dit non sur la forme du texte de la droite, qui au passage exemptait les 1000 entreprises les plus polluantes de France (sans doute au profit de la fameuse compétitivité décidément obsessionnelle), mais oui sur le fond du principe de taxation progressive et planifiée des énergies fossiles.

Alain Grandjean disait hier sur son blog « La crise pétrolière frappe à nos portes, les ménages et les entreprises ne se préparent pas assez vite et continuent à être infantilisés par des promesses qui ne seront pas tenues ». Je crois que la formule résume admirablement bien notre situation actuelle. Il devient de plus en plus urgent de nous adapter aux contraintes physiques qui nous entourent et que nos dirigeants fassent preuve d’un peu plus de courage politique.

Malheureusement, et à la suite de la déclaration de Sarkosy durant le salon de l’agriculture, il ne fait maintenant plus de doute que notre président a choisi son camp. L’immobilisme et le libéralisme effrénés sont à nouveaux ses étendards de prédilection. Pour satisfaire son électorat, Sarkozy a sacrifié ce qui aurait pu être une des plus grandes avancées vers une politique économique durable.




Effondrement, Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie de Jared Diamond

24 03 2010

Que savons nous des civilisations disparues ? Généralement pas grand chose. Tout comme leurs histoires, leurs prospérités sont souvent tombées dans l’oubli. C’est pourquoi Jared Diamond, professeur de physiologie à UCLA (récompensé en 1999 de la National Medal Of Science), nous propose de revenir sur ces sociétés et plus précisément les raisons de leurs échecs.

L’ouvrage entier est basé sur la méthode comparative et s’intéresse à l’effondrement des civilisations plutôt qu’à leur développement. Jared compare différentes sociétés passées et présentes qui se distinguent par leurs fragilités environnementales, leurs relations avec leurs voisins, leurs institutions politiques et d’autres variables « d’entrées » dont il est largement reconnus qu’elles influent sur la stabilité d’une société.

En plus de son fondement scientifique irréprochable, ce livre donne lieu à des passages captivants à mi-chemin entre roman et récit anthropologique. Au fils des pages, on apprend à mieux connaître les nombreuses composantes des pratiques fondamentales de survie. Outre l’acquisition de connaissances histoiriques, ce livre permet aux lecteurs de découvrir des modes de vies extrêmement différents du notre. Cette situation donne alors l’opportunité de réellement prendre du recul vis-à-vis de notre propre culture.

Le développement de l’étude est composé d’une compilation impressionnante de travaux sur les Vikings, les Mayas, les Pasquans, et j’en passe. On découvre, au fur et à mesure des exemples, que la survie d’une société est intimement liée à la gestion de son patrimoine environnemental ; mais qu’il n’en n’est pas non plus le seul facteur. L’auteur propose, en complément, une série d’exemples de civilisations qui ont réussi à échaper à leur fin. Par ce procédé, il met en lumière un certain nombre de bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves dans le passé.

Ce qu’il y a de plus appréciable dans ce livre c’est sans doute sa démarche scientifique et objective proche de l’irréprochable. Chaque hypothèse est justifiée, commentée et comparée. Le lecteur peut se faire lui même son opinion sans subir de dictat de la part de l’auteur. On regrettera seulement un peu de lourdeur dans certains passages du à cette approche de justification permanente.

En résumé, je conseil ce livre à tous ceux qui voudrai avoir une approche approfondie de l’écologie par l’intermédiaire d’études de cas réelles. En plus d’être un ouvrage extrêmement riche historiquement et scientifiquement, ce recit se veut être un message d’avenir porteur d’espoir à l’aide duquel il serai bon de s’inspirer.




Faut-il habiter une caverne pour être écolo ?

12 03 2010

L’envie d’écrire cet article m’est venue en écoutant Claude Allègre (et oui encore lui !) parler de sa vision de l’écologie. Il arguait notamment qu’il ne voulait pas retourner à « l’âge des cavernes ». Pour être honnête, ce n’était pas la première fois que j’entendais ce genre d’argument. En effet, il me semble que c’est là une réaction naturelle lorsque l’on remet en question notre mode de vie actuel. Mais doit-on vraiment en arriver là ? Plus concrètement, qu’est-on en droit d’espérer dans une société responsable ?

Il est important de comprendre que le point essentiel est d’établir un équilibre entre notre consommation, les ressources à notre disposition et l’impact de notre activité sur notre environnement. Ceci est vrai autant au niveau social qu’écologique. En effet, nous devons répartir les ressources et n’en consommer que ce que la terre est capable de fournir. Dans cette recherche d’équilibre aucune activité n’est réellement à bannir, il faut seulement la pratiquer dans une certaine mesure, en tenant compte des contraintes qui nous entourent.

Ce que nous devons sacrifier est la consommation à outrance. Nous devons renoncer au luxe, mais pas forcément au confort. Rappelons qu’un paysan du Xème siècle avait une espérance de vie à la naissance de 30ans. Et bien entendu, personne ne prétend retourner à un tel état, bien au contraire. Malheureusement, notre société occidentale est dans l’excès ; et à tous niveaux. On s’en rend vite compte lorsqu’on observe les différences abyssales de consommation entre les pays riches et ceux « en voie de développement ». Mais cette abondance matérielle nous rend-t-elle plus heureux ? Qu’avons nous vraiment gagné ?

La médecine, l’art, la science (au sens de la connaissance) sont notamment des choses auxquelles nous ne devrions pas avoir à renoncer car elles font partie de l’indispensable. En revanche, il apparaît évident que nous devrons évoluer vers un mode de vie plus simple, plus sain et moins consommateur. Nous perdons de vue les choses essentielles, et cela est dommageable pour les personnes moins privilégiées (rappelons que les pays développés consomment 80% des ressources mondiales), pour l’environnement et même pour nous. Devenir moins gourmand ne doit pas constituer un sacrifice.

Prenons le secteur de l’énergie en exemple. A l’échelle mondiale, nous produisons la majorité de notre électricité à partir de combustible fossile. Malheureusement, leur exploitation dégrade l’environnement. Que ce soit à grande échelle, avec un impact grave sur le climat, où à une échelle plus modeste, avec de nombreuses pollutions locales aux conséquences irréversibles. Cette immesure est d’autant plus irrationnelle que nos réserves sont en quantité finie. Cette consommation ne durera pas éternellement.

Grand nombre de personnes conscientes de l’enjeu de renouveler notre production d’énergie proposent des solutions. Plusieurs (dont notre ami J.M. Jancovici) proposent de mettre en place un système, baptisé par Greenpeace, « révolution énergétique ». Celui-ci est basé sur 3 axes principaux : Sobriété, Efficacité et renouvelable. Ce scénario met la modération au centre de sa stratégie. Avons nous réellement besoin de toute cette énergie ? Deuxième axe, l’optimisation : avoir des logements isolés ou éviter le gâchis industriel. Ensuite seulement, la technologie fait sont entrée en scène, en l’occurrence les énergies renouvelables.

Cette « révolution énergétique » a cela de très intéressant que ses grandes lignes pourraient être généralisées à tous les secteurs. Avant de compter sur la technologie pour nous sauver, nous devons modifier notre mode de vie: moins consommer, mieux consommer. Il faut souligner que tout ceci va dans le sens d’une amélioration. Il ne s’agit en rien d’un retour en arrière mais plutôt d’une évolution.




Manger peut-il être un luxe ?

5 03 2010

Il n’est pas rare que quelques images valent mieux que de longs discours.

C’est le cas notamment d’une étude que ma soeur m’avais récemment communiqué et qui traite de l’alimentation dans le monde. On peut y observer la consomation alimentaire hebdomadaire d’une famille « lambda » de 9 pays.

Désireux d’apporter sa pierre à l’édifice, le Blog du DD s’est alors proposé de compléter ce constat qui fait réfléchir :

1 – Allemagne – Famille Melander de Bargteheide – 507,75 $

2 – France – Le Blog du DD en vacances à Evian – 357,07 $

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