Vivez, prospérez, consommez!

3 07 2010

Partie 1 Partie 2 Partie 3

Je vous invite à regarder ce documentaire Arte, diffusé mardi dernier. C’est une émission qui reprend beaucoup de choses déjà abordées sur ce blog, et qui résume bien la situation de notre monde. A diffuser autour de vous, surtout aux accros des soldes!

Une des conclusions de ce reportage rejoint les leçons tirées d’autres films, comme celui de Coline Serreau « Solutions locales pour un désordre global » (encore projeté dans quelques cinémas) :

les systèmes gouvernementaux et économiques sont devenus tellement complexes qu’aucune mutation efficace n’est à prévoir dans un avenir proche pour dessiner un monde durable. Seuls les citoyens peuvent jouer un role déterminant, que ce soit au niveau individuel, au sein de sa famille, de ses groupes d’amis ou de son entreprise.

Tous les moyens sont bons pour diffuser les bonnes pratiques, donner les bons outils pour la réflexion, la remise en cause de ses habitudes. Le blog du DD se veut être là aussi pour ça, avec votre participation.




Faut-il se sentir coupable de la crise écologique ?

24 05 2010

J’ai eu l’autre jour une conversation très intéressante avec un ami sur les méthodes de sensibilisation à l’écologie. On s’était alors posé la question: doit-on culpabiliser les gens pour les faire réagir ? Comment ne pas culpabiliser en effet en prenant sa voiture à l’heure ou la fin du pétrole se rapproche ? Comment assumer l’achat de 3 ipod alors que plus d’un milliard d’entre nous souffrent de la faim ? Finalement nous sommes tous humains, nous avons envie de nous faire plaisir, mais nous avons aussi une sensibilité. Et ça, plusieurs militants l’ont compris. C’est pourquoi ils tentent d’alerter le publique en montrant des images chocs ou accusatrices, afin de nous pousser à la « rédemption ». Mais est-ce une bonne façon de procéder ?

Je pense clairement que non. D’abord, ce n’est pas efficace, les gens n’aiment la culpabilité. Devant ça, la réaction est souvent de se protéger en se voilant la face, on préfère ignorer les réalités dérangeantes. Mais à l’inverse, trop de culpabilité ne fait pas vraiment avancer les choses. Elever des chèvres dans le Larzac, c’est bien, mais est-ce qu’on contribue ainsi à faire changer la société ?

De plus, ce n’est pas forcément légitime. Beaucoup des problèmes soulevés aujourd’hui sont nouveaux. Pas au sens qu’ils n’existaient pas avant, mais parce que nous n’en n’avions pas conscience. La révolution industrielle à ses débuts a eu des vertus, et nous ne connaissions pas à l’époque ses impacts sur l’environnement. De même, le pétrole nous a permis de formidables accomplissements, il ne s’agit pas de les renier, mais nous savons aujourd’hui que nous nous sommes rendu accro alors que les réserves s’épuisent. Ne ne devons donc ni accuser nos parents, ni culpabiliser de la situation actuelle. Par contre nous devons comprendre que certaines choses ont fait leur temps. Maintenant que les impacts de l’industrie sur l’environnement sont de mieux en mieux compris, n’est-il pas temps de changer notre mode de production ?

L’heure n’est pas à la culpabilisation mais à l’action. Nous devons commencer par assumer nos paradoxes, les contradictions entre nos privilèges et notre impact et notre sensibilité. Nous devons nous ouvrir à la remise en question. Ai-je vraiment besoin de 3 ipod ? Il ne s’agit pas de tout jeter à la poubelle, mais de peu à peu se poser des questions, s’informer, et comprendre que nous entrons dans une nouvelle époque. Nous devons nous ouvrir à un nouveau mode de vie. Les seules choses à jeter son les dogmes de notre société.




Les politiques ne font que leur travail

20 05 2010

Et si l’échec de Copenhague n’était pas la faute des politiques, mais de la nôtre ? Une telle hypothèse peut faire sourire : c’est eux qui y étaient, pas nous. Sauf qu’en réfléchissant un peu, on se rend compte qu’elle n’a rien d’imbécile.

En effet,  il suffit de prendre l’homme politique au pouvoir comme sujet d’étude. Un raisonnement simple et désabusé nous renseigne sur son véritable fonctionnement : il prend une décision à condition que celle-ci rapporte des voix aux élections. Certes,  il existe dans une certaine mesure du courage politique, mais considérons cela comme un acte exceptionnel, comme une « exception qui confirme la règle ».

Vu sous cet angle là, l’échec de Copenhague est révélateur d’une information inquiétante : d’un point de vue politicien, cela ne vaut pas le coup pour tout le monde de mettre en place une gouvernance écologique contraignante et mondiale. C’est peut-être sur ce point que se joue le sort du Monde ! Si tous les politiques sont d’accord sur la nécessité de la lutte contre le dérèglement environnemental, il y a conflit concernant les modalités. Les intérêts nationaux passent souvent avant les intérêts mondiaux.

En ce début de 21ème siècle, dans le jeune combat qui déchire les hommes entre eux pour la survie de leur environnement, si ce n’est du leur, un nouvel enjeu est donc tout à fait décisif. Les hommes politiques qui n’ont pas intérêt aujourd’hui à jouer le jeu, quel que soient leurs raisons historiques et économiques, doivent demain y trouver un intérêt politique et personnel. Autrement dit, c’est le devoir des peuples que de créer l’opportunité à des potentiels leaders déterminés à l’action écologique de gagner des élections. Nous  avons les dirigeants que l’on mérite.

Malheureusement, il est plus facile de convaincre une poignée de dirigeants que six milliards d’humains ! C’est l’inconvénient d’une population mondiale nombreuse : une inertie au changement tous les jours de plus grande ampleur. De plus, convaincre n’a rien d’évident ; il faut pour tout cela des compétences éducatives, et beaucoup de moyens.

Ne plaçons donc pas trop d’espoir dans la capacité des dirigeants mondiaux actuels à résoudre les problèmes écologiques. Il est certain qu’il n’y en a rien à tirer pour l’instant. Pour influer sur le moyen terme, intéressons-nous plutôt à notre pouvoir de persuasion individuel sur les autres : que puis-je faire au quotidien pour la planète, soit, mais aussi que puis-je expliquer à mes amis, dans le journal local et à l’autre bout du Monde ? « L’homme est un animal politique », disait Aristote : nous sommes tous des hommes politiques en puissance. Particulièrement dans cette société de la déresponsabilisation, responsabilisons-nous enfin.

Mais pour convaincre les foules, il ne suffit pas de montrer l’exemple et faire parler les scientifiques. Il faut aussi et surtout faire des compromis. Le temps de « l’’industrialisation » de la pensée écologique est venu : il faut élaborer un message « exportable », c’est-à-dire simple et tolérant. C’est peut-être sur ce dernier point qu’il y a d’ailleurs le plus de travail à accomplir. Puisque la majorité silencieuse a remporté Copenhague, les écologistes ont tort de diaboliser les climato-sceptiques. Au contraire, réjouissons-nous d’avoir identifié notre meilleur ennemi ; si eux  changent d’avis, la majorité suivra. Mais encore faut-il accepter de leur faire face.

Paul-Emmanuel Bidault




Mise au point sur la théorie décroissante

13 05 2010


Part 2

La décroissance, notion longtemps ignorée par les masses, commence peu-à-peu à s’inviter sur les plateaux télé. Si cette idéologie radicale reste encore l’apanage des marginaux, c’est avant tout parce qu’elle fait peur !!

Je vous propose alors, aidé de Serge Latouche (un des meilleurs théoriciens francophones actuels de la décroissance) en vidéo ci-dessus, une petite mise au point pour en finir avec les incompréhensions.

Le concept de décroissance conviviale est né à la suite du Club de Rome qui, en 1968, réunit des experts scientifiques et économiques de 53 pays pour préconiser des solutions pratiques aux problèmes planétaires. En 1972, sort un rapport intitulé Limits to Growth ? (Halte à la croissance ?, en français) qui souligne fortement les dangers liés à la croissance de la consommation des matières premières et de la démographie. L’objectif de croissance économique imposé par le paradigme du développement était alors fortement remis en question. Pas facile à entendre pour tout le monde. Surtout quand depuis notre prime enfance on ne cesse de nous ressasser que l’homme n’a jamais cessé d’évoluer et de se développer à travers les âges. Mais quelle est donc la finalité de ce processus ? En voilà une bonne question ! La décroissance a le mérite de relancer ce débat qui est depuis longtemps laissé de coté.

Vous l’aurez remarqué, l’appellation « décroissance » ne manque pas de susciter de vives réactions. Et ça tombe bien parce que son nom a été choisi pour ça ! Mais au delà du simple message de com, ce que revendique vraiment les objecteurs de croissance c’est avant tout une évolution raisonnée tenant compte des contraintes naturelles et affirmant comme fondamental le principe d’égalité des hommes. Pour les décroissants, face au contexte mondial déplorable, le coupable est tout trouvé et il s’agit de l’addiction à la croissance et à l’économie qui en découle. Cette société de croissance marche sur la tête et court à sa perte il faut donc changer radicalement de cap et revenir à des modes de vie plus soutenable pour vivre « la simplicité volontaire ».

Pour plus d’info Wikipedia et Le Journal de la Décroissance.




Vers une société de confiance ?

7 04 2010


Video : Yann Algan est l’auteur en 2008 de « La société de défiance : comment le modèle social français s’autodétruit » prix du livre d’économie 2008. Il a obtenu le prix du jeune économiste en 2009.

Une société de défiance et non une société de confiance ! Yann ALGAN dresse un constat inquiétant de la situation en France. On est loin derrière les anglais ou les scandinaves : peu de confiance envers les institutions, l’Etat. On peut remarquer aussi aisément le peu de confiance (flagrant) envers les forces de police. Alors qu’on peut avoir un sentiment de sécurité à côté d’un bobby, on s’attend plus à des altercations à côté d’un gardien de la paix. Sentiment général ? Pas une vérité absolue heureusement…

Quel rapport avec le DD me direz-vous ? Peut-on imaginer un mode de vie durable, équitable, dans une société de défiance ? Car les français n’auraient pas confiance non plus en leurs propres concitoyens (un véritable débat sur l’identité nationale aurait pu changer cela. On pourrait revenir sur les intentions du gouvernement mais c’est un autre débat).

Comment imaginer alors des systèmes de coopération, une plus importante utilisation des transports en commun, d’autopartage ou de covoiturage, etc ? Les services de mobilité de demain notamment reposent sur une confiance entre citoyens, institutions, autorités, de par l’utilisation de données publiques, la surveillance ou tout simplement le côté « vivre ensemble ».

Résistance de l’auto-solisme, climato-scepticisme. Manque de confiance, défiance ? Peut-être. Comment s’en sortir ?

That is the question.




Faut-il habiter une caverne pour être écolo ?

12 03 2010

L’envie d’écrire cet article m’est venue en écoutant Claude Allègre (et oui encore lui !) parler de sa vision de l’écologie. Il arguait notamment qu’il ne voulait pas retourner à « l’âge des cavernes ». Pour être honnête, ce n’était pas la première fois que j’entendais ce genre d’argument. En effet, il me semble que c’est là une réaction naturelle lorsque l’on remet en question notre mode de vie actuel. Mais doit-on vraiment en arriver là ? Plus concrètement, qu’est-on en droit d’espérer dans une société responsable ?

Il est important de comprendre que le point essentiel est d’établir un équilibre entre notre consommation, les ressources à notre disposition et l’impact de notre activité sur notre environnement. Ceci est vrai autant au niveau social qu’écologique. En effet, nous devons répartir les ressources et n’en consommer que ce que la terre est capable de fournir. Dans cette recherche d’équilibre aucune activité n’est réellement à bannir, il faut seulement la pratiquer dans une certaine mesure, en tenant compte des contraintes qui nous entourent.

Ce que nous devons sacrifier est la consommation à outrance. Nous devons renoncer au luxe, mais pas forcément au confort. Rappelons qu’un paysan du Xème siècle avait une espérance de vie à la naissance de 30ans. Et bien entendu, personne ne prétend retourner à un tel état, bien au contraire. Malheureusement, notre société occidentale est dans l’excès ; et à tous niveaux. On s’en rend vite compte lorsqu’on observe les différences abyssales de consommation entre les pays riches et ceux « en voie de développement ». Mais cette abondance matérielle nous rend-t-elle plus heureux ? Qu’avons nous vraiment gagné ?

La médecine, l’art, la science (au sens de la connaissance) sont notamment des choses auxquelles nous ne devrions pas avoir à renoncer car elles font partie de l’indispensable. En revanche, il apparaît évident que nous devrons évoluer vers un mode de vie plus simple, plus sain et moins consommateur. Nous perdons de vue les choses essentielles, et cela est dommageable pour les personnes moins privilégiées (rappelons que les pays développés consomment 80% des ressources mondiales), pour l’environnement et même pour nous. Devenir moins gourmand ne doit pas constituer un sacrifice.

Prenons le secteur de l’énergie en exemple. A l’échelle mondiale, nous produisons la majorité de notre électricité à partir de combustible fossile. Malheureusement, leur exploitation dégrade l’environnement. Que ce soit à grande échelle, avec un impact grave sur le climat, où à une échelle plus modeste, avec de nombreuses pollutions locales aux conséquences irréversibles. Cette immesure est d’autant plus irrationnelle que nos réserves sont en quantité finie. Cette consommation ne durera pas éternellement.

Grand nombre de personnes conscientes de l’enjeu de renouveler notre production d’énergie proposent des solutions. Plusieurs (dont notre ami J.M. Jancovici) proposent de mettre en place un système, baptisé par Greenpeace, « révolution énergétique ». Celui-ci est basé sur 3 axes principaux : Sobriété, Efficacité et renouvelable. Ce scénario met la modération au centre de sa stratégie. Avons nous réellement besoin de toute cette énergie ? Deuxième axe, l’optimisation : avoir des logements isolés ou éviter le gâchis industriel. Ensuite seulement, la technologie fait sont entrée en scène, en l’occurrence les énergies renouvelables.

Cette « révolution énergétique » a cela de très intéressant que ses grandes lignes pourraient être généralisées à tous les secteurs. Avant de compter sur la technologie pour nous sauver, nous devons modifier notre mode de vie: moins consommer, mieux consommer. Il faut souligner que tout ceci va dans le sens d’une amélioration. Il ne s’agit en rien d’un retour en arrière mais plutôt d’une évolution.




Manger peut-il être un luxe ?

5 03 2010

Il n’est pas rare que quelques images valent mieux que de longs discours.

C’est le cas notamment d’une étude que ma soeur m’avais récemment communiqué et qui traite de l’alimentation dans le monde. On peut y observer la consomation alimentaire hebdomadaire d’une famille « lambda » de 9 pays.

Désireux d’apporter sa pierre à l’édifice, le Blog du DD s’est alors proposé de compléter ce constat qui fait réfléchir :

1 – Allemagne – Famille Melander de Bargteheide – 507,75 $

2 – France – Le Blog du DD en vacances à Evian – 357,07 $

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L’humain et la nature sont-ils notre seule vraie richesse ?

24 02 2010

C’est en regardant « Direction des richesses humaines », la nouvelle émission de France 5 sur la vie des employés, que j’ai eu le déclic. Et si l’humain et la nature étaient tous deux la plus grande richesse dont l’humanité puisse jouir.

Alors que nous entrons aujourd’hui dans l’année de la Biodiversité, il me semble qu’il subsiste encore une confusion trop fréquente. On parle souvent de nature et d’humains en tant que ressources alors que l’on devrait plutôt parler de richesses. Le mot ressource sous-entend implicitement que l’on dispose d’une manne épuisable tandis que si l’on parle de richesse cette notion n’entre pas en compte. Par définition, les ressources tendent à s’épuiser tandis que les richesses croissent ou s’accumulent.

L’année dernière, la Commission sur les nouveaux indicateurs de l’économie, présidée par le prix Nobel de l’Economie Joseph Stiglitz, a mis en évidence l’obsolescence de la notion de PIB.  En critiquant cet indicateur, qui mesure le niveau de production d’un pays, Stiglitz a également mis le doigt sur la nécessité de faire évoluer la vision que l’on a du mot «richesse».  L’économie mondiale se doit de prendre en compte le capital humain et naturel qui est son seul véritable patrimoine.

Comparons deux actions anodines : couper un arbre et licencier un salarié. Les deux ont pour conséquence une destruction de valeur car l’on empêche une richesse d’être préservée, de s’accumuler ou de se développer. Si la vente de cette ressource apporte un bénéfice à un nombre limité d’individu, elle prive la planète entière de ces bénéfices. Si l’on coupe un arbre, on prive la planète de la possibilité de capter naturellement le CO2. Il en est de même pour une personne à qui on supprime la possibilité de travailler car on lui retire la possibilité qu’il a à développer et à créer.

Lorsque l’on coupe une forêt en Amazonie ou que l’on licencie un employé en France, il s’agit  bien d’une perte pour la société. Alors, que font les multinationales quand elles licencient ou rasent des hectares entiers de forêt en Amazonie ? Elles suppriment notre capital collectif ; nos richesses ne sont plus préservées pour le plus grand nombre mais exploitées pour une minorité.

En son temps, Jean-Baptiste Say affirmait « Les richesses naturelles sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques. ». Il est maintenant primordial d’en finir avec ces vieux adages du passé et de construire une société créatrice de richesses humaines et naturelles.






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