Le blog du DD fait son bilan: part one

11 07 2010

Série 1/5: Mon bilan perso, un vaste chantier.

Intro

Ce n’est pas une tâche facile que de réaliser son bilan carbone personnel. Chacun notre tour, nous, vos blogueurs favoris, allons détailler nos émissions directs et indirects de dioxyde de carbone sur l’année 2009, à l’aide de l’outil Bilan Carbone Personnel (www.calculateurcarbone.org)

Pas une tâche facile quand sur cette période, j’ai connu 3 logements différents: une colocation, un studio, et ma maison familiale où je rentre régulièrement.

Impossible donc de déterminer précisément mes consommations d’énergie (gaz, électricité ou chauffage urbain) que j’ai dû traduire sur le site par une valeur par défaut. Mais l’important ici, selon moi, n’est pas seulement de savoir combien j’ai émis durant l’année au gramme près (c’est de toute façon impossible), mais c’est de recenser les actions que l’on effectue déjà, comment on peut les améliorer, et sur quel poste émetteur en priorité.

Et n’oublions pas, cet outil permet seulement de prendre en compte ses émissions de CO2 et non ses autres impacts sur l’environnement (pollution de l’air, de l’eau, contamination radioactive, dégradation des sols…) donc il faut être conscient que tous nos actes quotidiens ont un impact direct ou indirect sur l’environnement (voir même sur la santé et la liberté d’autrui). Il ne faut pas culpabiliser, mais il faut savoir éviter un mauvais comportement ou en substituer un par un autre qui provoque moins d’impact. Lire la suite »




Pourquoi déployer tant d’énergie pour ne rien faire ?

13 04 2010

Comme certains ont pu le constater, le climato-scepticisme est très à la mode en ce moment. Surfant sur la vague (ou à l’origine?) notre ami Allègre en profite pour se faire inviter régulièrement sur les plateaux télé et vendre sa littérature au grand public. Mais son show ne fait pas que des heureux. En effet, plusieurs centaines de scientifiques provenant des diverses disciplines climatiques se sont récemment rassemblés pour envoyer une lettre au gouvernement l’invitant à réagir face « aux accusations mensongères » de Mr. Allègre. Valérie Pecresse s’est empressée de confirmer sa confiance envers les sciences du climat et a promis d’organiser un débat serein sur la question. Cette mobilisation exceptionnelle vise à dénoncer les méthodes de Mr. Allègre. En effet, ses objections ne respectent pas du tout les règles d’un débat scientifique.

Pour mieux comprendre, je vais commencer par vous faire profiter de mon point de vue de jeune chercheur pour expliquer comment la recherche scientifique communique et débat. Lorsqu’un scientifique obtient des résultats nouveaux, il doit les faire « valider » par la communauté. Ce procédé fonctionne via des revues spécialisées. Concrètement, on envoie un papier expliquant les résultats obtenus, le protocole utilisé ainsi que la conclusion des mesures. Le texte est alors envoyé à plusieurs autres chercheurs spécialisés dans le même domaine, qui acceptent de jouer le rôle de « relecteur ». La publication est alors acceptée uniquement si le papier ne contient pas d’erreur, et si la démarche est cohérente. La recherche actuelle fonctionne aussi beaucoup par internet pour la communication des résultats. En effet, parallèlement aux revues, les publications sont souvent également diffusées sur la toile (par exemple en science physique, la majorité passe par le site arxiv.org). Mais il est important de rappeler que si ces archives web permettent une diffusion rapide et efficace des travaux, ils ne garantissent pas la qualité de ceux-ci. L’évaluation du travail se fait donc essentiellement par le biais des revues. Bien entendu, il arrive souvent que malgré cela, des résultats en particulier soient faux ou incomplets. Dans ce cas, lorsqu’une autre équipe de recherche s’en aperçoit, elle propose la publication d’un autre papier en réponse, qui explicite les erreurs du premier et apporte une nouvelle réponse au problème. Voilà donc le modèle actuel du débat scientifique. Celui-ci ne peut évidemment fonctionner que grâce à l’intégrité des chercheurs, qui s’engagent à ne pas déformer d’autres résultats et/ou reconnaître les erreurs lorsqu’elle sont démontrées.

Mais la prose de notre ami Claude n’entre malheureusement pas du tout dans ce cadre. Tout d’abord, son livre, grand public, n’est réévalué par aucun scientifique avant sa publication. Cela ne serait pas forcément un problème si il ne prétendait pas « démontrer » les erreurs du GIEC. En effet, il joue de son crédit scientifique, en tant que chercheur CNRS, et affirme ce qui l’arrange. « Toutes les courbes [y] sont redessinées. Il y a donc des inexactitudes ou même des exagérations par rapport aux originaux. C’est un choix éditorial » explique-t-il. Mais tout le monde peut retracer des courbes à sa sauce. Il ne faut pas tout mélanger, les arguments scientifiques et la conviction politique.

Cela dit, je suis personnellement très déçu de toute cette médiatisation. Tout d’abord, on comprend vite que les motivations du climato-scepticisme ne sont en général pas celles d’un débat scientifique. Ce qui dérange vraiment les gens, ce ne sont pas les incertitudes scientifiques, ce sont les conséquences que cela aurait sur notre mode de vie. La confirmation du dérèglement climatique implique nécessairement la refonte de notre système de production et de consommation. C’est bien pour cela qu’Allègre préfère séduire les foules plutôt que de participer à un débat scientifique. Beaucoup de gens ne demandent qu’à croire que l’on a pas besoin de changer quoi que ce soit.

Le vrai problème de ce « faux débat » est qu’en réalité, la conclusion du changement climatique ne devrait pas influencer les décisions politiques. En effet, il y a beaucoup d’autres raisons, toutes aussi graves, qui doivent nous pousser à changer. Notre économie est fondamentalement dépendante des énergies fossiles, et nous savons tous que les stocks sont limités. Attendrons-nous d’être complètement acculés pour décrocher ? Le modèle agricole est aussi un enjeu d’échelle mondiale, et il cumule les problèmes environnementaux et sociaux. L’agriculture intensive détruit l’écosystème locale et stimule la déforestation. Parallèlement, on est confronté à l’absurdité d’une production suffisante pour nourrir la planète, mais qui laisse un milliard d’humain souffrir de la faim. Il y a aussi toutes les pollutions et inégalité locale que notre soif d’énergie nous fait alimenter. Comme au delta du Niger ou Total et Shell pillent les ressources pétrolières d’une population toujours plus pauvre. Et ces exemples-là se ramassent à la pelle ([1][2][3][4], etc.).

Nous avons 1000 raisons de changer notre comportement, le climat ne devrait-être qu’une sonnette d’alarme de plus. Toute cette vague du climato-scepticisme laisse entendre que ce dernier est le seul problème de notre industrie, et encore, « on en est pas sur ». Pourquoi changer alors ? C’est donc là qu’est commise la plus grosse erreur. Oui, l’impact de nos émission de CO2 est une question difficile, mais laissons celle-ci aux experts. Nous devons de toute façon guérir de notre addiction à l’énergie. Quoi qu’il arrive, nous devons repenser notre consommation et l’organisation de notre société.




5 bonnes raisons de faire confiance à Claude Allègre

1 03 2010

Personnage médiatique incontournable, Claude Allègre enchaine les plateaux télé et les interviews dans la presse écrite. Principale figure des climato-sceptiques, il est le porte-parole des incompris et des marginaux. Si il a réussi à conquérir ceux qui « doutent », il est devenu la cible favorite des scientifiques et écolos en tout genre qui grognent de voir la vague du scepticisme à son apogée.

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre : « L’imposture climatique », Le Blog du DD vous propose 5 bonnes raisons de faire confiance à Claude Allègre :

  • N°5 : Il est bien plus raisonnable de se reposer sur une hypothétique future technologie pour décarboner la société plutôt que de modifier notre mode de vie extrêmement consommateur.
  • N°4 : Après tout, peut-être que le large consensus scientifique mondial se trompe et que les quelques voix isolées et souvent contradictoires auraient finalement raison.
  • N°3 : Le sommet de Copenhague fut une nouvelle opportunité pour l’occident de dicter ses règles du jeu, dont la preuve ultime serai l’accord « ultra-contraignant » qui y fût signer.
  • N°2 : La météo du JT a été claire, il a fait froid cet hiver dans la creuse. Il est donc inutile de s’alarmer et de faire des mesures précises de valeurs moyennes à l’échelle planétaire pour prétendre prédire l’évolution du climat d’un système aussi complexe et chaotique que la Terre.

Et le gagnant est ….

  • N°1 : Attribuant la quasi-entière responsabilité du réchauffement climatique au pays du nord et ayant un bureau en majorité composé de scientifique des pays du sud, le Giec apparait de manière évidente comme un complot de l’occident pour préserver sa suprématie.

Tout le monde le sait, c’est dans la tourmente que les plus grands génies se sont illustrés. A l’image de Galilée qui en son temps fût pris pour un fou en affirmant que la terre était ronde, Allègre tente le coup !

Espérons lui de ne pas finir comme Paco Rabanne.

PS : Si le besoin subsiste d’avoir un peu plus de détail sur le vide qui se cache derrière la théorie Allègre, c’est chez Terra Eco et Le Monde que ça se passe.




Le « cap and trade » expliqué à mes enfants

19 02 2010

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre de ce post, NON, je ne suis pas Papa. Si j’ai usé de cette boutade, c’est pour partager avec vous la dernière vidéo de « the story of stuff project ». Si la vidéo est un poil infantilisante, la démonstration est plus qu’efficace. Le système de bourse carbone n’est ni plus ni moins qu’un nouveau simulacre de nos amis les banquiers. Trèves de commentaires, je vous laisse apprécier la pédagogie de cette vidéo.

Bon visionnage ;-) !




Le GIEC peut-il se tromper sur le climat?

22 01 2010

La température moyenne de la Terre augmente, c’est un fait. Mais serait-il possible que nous n’y soyons pour rien? Après tout, le climat a déjà par le passé été modifié, et cela pour des raisons aucunement liées à l’activité humaine, puisque ce fut il y plus de 100 000 ans.

Une équipe de chercheur du NCAR (National Center for Atmospheric Research) s’est penchée sur l’étude d’un de ces changements passés (cf. futura-sciences.com). Il y a quelques centaines de milliers d’années, la terre avait connu plusieurs périodes de hausse de température de 1.5°C et du niveau des océans de plus de 30 mètres. Et la raison de ce dérèglement est étonnante: un pont de glace s’est formé entre la Russie et l’Alaska. Le détroit de Bering, large de 80km, permet le passage de courants océaniques permettant de réguler les flux de chaleur. Et cela a suffit à modifier le climat à l’échelle planétaire!

Que peut-on retenir de cette étude? Et bien il s’agit d’un exemple (parmis d’autres) du caractère fragile de l’atmosphère. Les physiciens appellent cela un système chaotique: une perturbation mineure peut induire des changements à grande échelle. C’est d’ailleurs pour cette raison que les experts du GIEC ne parviennent pas à prédire ce qui se passerait si l’augmentation de la température de la terre dépassait les 2°C. Des modèles précis sont en effet difficiles à obtenir car un petit changement dont on aurait pas tenu compte pourrait modifier drastiquement le résultat.

Alors me direz-vous, le changement actuel pourrait ne pas être du à notre activité? Le GIEC rétorquerait que les difficultés sont majeures pour prédire l’effet d’une hausse de 2°C, mais l’implication de l’activité anthropique est un constat de plus en plus certain. « Mais il reste des incertitudes » se défendent certains climato-sceptiques. La réponse est évidemment oui. Ne serait-ce que parce que les incertitudes sont toujours présentes en science. Mais même en restant sceptique, compte tenu de l’extrême fragilité du climat, la conclusion devrait naturellement être: « Il reste des incertitudes, raison de plus pour agir! ».

Penser que l’activité humaine pourrait perdurer sans perturber le climat est réellement un pari plus que risqué!




Le charbon et la déforestation, les grands oubliés du débat sur le climat

4 01 2010

Une fois n’est pas coutume, je vous propose une très courte intervention radiophonique de J.-M. Jancovici au sujet des négociations de Copenhague.

Comme bon nombre d’entre vous le savent déjà, cet ingénieur expert en énergie aime mettre le doigt la où ça fait mal. Et cette fois, il s’agit du charbon et de la déforestation qui sont à ses yeux les seuls vrais enjeux climatiques. Sa justification est simple : les stocks de pétrole et de gaz arrivent à épuisement et, compte tenu des quantités restantes, ne représentent pas le plus grand danger.

Intox ou vérité ? Tous les spécialistes en ressources énergétiques semblent lui donner raison. Quoi qu’il en soit, la déforestation représente 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et le charbon reste de loin la plus importante source d’énergie primaire.

Bonne écoute ;-)




Et si nos ministres se retrouvaient dans l’eau !

27 10 2009

Encore une fois, le gouvernement des Maldives défraie la chronique. Après avoir annoncé sa volonté de faire de son pays le premier a être neutre en CO2, le président Mohamed Nasheed  a réussi une nouvelle fois un joli coup médiatique.

Lui et son gouvernement on assisté à une réunion sous-marine à plus de 4m sous l’eau pour y signer symboliquement un S.O.S. lancé au reste du monde. Si l’opération peut paraitre saugrenue, elle a le mérite d’avoir mis sous les projecteurs l’archipel et son combat contre le réchauffement climatique. Alors qu’il ne reste qu’un peu plus de un mois avant sommet de Copenhagen la mobilisation est plus que jamais d’actualité.

Merci à NTV (Kenya) pour sa vidéo.




Invention de la destruction durable?

8 10 2009

D’après Greenpeace, Total serait l’inventeur de ce nouveau concept avec l’exploitation des sables bitumineux au Canada et à Madagascar, pour un investissement total de 8 milliards d’euros.

« Il s’agit d’un crime climatique commis en toute impunité, explique Yannick Rousselet, chargé de la campagne Énergie à Greenpeace France. Les sables bitumineux, c’est la façon la plus sale et la plus chère d’extraire et de produire du pétrole. Le pétrole issu de ces sables génère cinq fois plus de gaz à effet de serre que celui issu des gisements classiques. L’exploitation de ce pétrole nécessite aussi un gaspillage ahurissant d’énergie (gaz, électricité, carburant, etc.) et d’eau. »

L’extraction minière des sables bitumineux a un impact important sur les écosystèmes. En Alberta, cette forme d’extraction détruit complètement, dès l’ouverture de la mine à ciel ouvert, la forêt boréale, et a des conséquences directes sur l’air. Son extraction dégage des agents polluants, tel que le méthane, et génère des gaz très nocifs, tel que l’anhydride sulfureux, qui est responsable, même à des quantités très faibles, de l’acidification des lacs et des forêts.

Pour ne citer que quelques impacts…

L’article de Greenpeace

Plus d’infos sur les sables bitumineux (Wikipedia)




Déjà plus de 200 000 signataires!

6 10 2009

Ultimatum climatique! Signez l’appel pour la conférence de Copenhague (décembre 2009)

www.copenhague-2009.com




Une tonne de CO2, c’est quoi?

11 09 2009

tonne carbone
Image du site de la communauté urbaine de Bordeaux

A l’heure de la mise en place de la taxe carbone, sait-on ce que représente une tonne de CO2?

Attention: carbone ou CO2?
Il ne faut pas confondre tonne carbone et tonne CO2. Par définition, un kg de CO2 “pèse” 0,2727 kg d’équivalent carbone. Il s’agit en fait du ratio destiné à mesurer le poids du carbone seul dans le CO2.
Les chiffres ici sont pour une tonne carbone et donc 3,7 tonnes de CO2.

1 tonne, c’est beaucoup?
1 tonne équivalent carbone c’est (à peu près…) :
1 an de chauffage au gaz pour un 3 pièces à Paris
ou 1 aller-retour Paris – New York en avion
ou 1,8 tonnes de papier
ou 14000 km de Twingo en ville
ou 8500 km de 4×4 en ville
ou 20 aller-retours Paris- Londres en avion

Un français émet en moyenne 9 tonnes de CO2, l’émission soutenable en 2050 sera de 2 tonnes de CO2 par personne (facteur 4, objectif fixé par la France).






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