Le Blog du DD sur France Info

5 05 2010

J’ai eu l’honneur d’être invité le mardi 4 mai 2010 à L’émission « L’amphi » sur France Info.

Comme chaque mardi, Olivier Emond, journaliste à France Info s’est déplacé dans une université ou une grande école afin de débattre avec des étudiants sur l’actualité de la semaine à partir de sujets qu’ils ont choisis.

L’invité de cette semaine était Noël Mamère, ancien journaliste, homme politique français et élu des Verts. Nous avons ainsi abordé les thèmes d’actualité que sont la loi grenelle II, la catastrophe de la plateforme pétrolière BP, les éco-labels, etc.

Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur les propositions de M. Mamère. D’un point de vue humain, le personnage fût extrêmement sympathique ;-) .

Merci à Olivier Emond et à Animafac pour leur invitation.




Où en est le climato-septicisme ?

25 01 2010

Je me demande souvent si, après tout le tapage médiatique et populaire auquel on assiste, il y a encore des gens qui pourraient mettre en doute le réchauffement climatique. Force est de constater que oui. Les 2 minutes 30 secondes de la vidéo ci-dessus en sont la preuve irréfutable. Préparez-vous psychologiquement parce que c’est du lourd. Alain Madelin, politicien ultra-libéraliste, qui a complètement disparu du paysage politique français (mais qui fut notamment ministre sous Juppé mais démissionna rapidement car la politique du gouvernement n’était pas assez libérale à son goût), nous raconte sa vision du réchauffement climatique.

A l’entendre toute cette histoire serait plus que douteuse ! Quand bien même le réchauffement climatique serait une réalité, il a du mal à corréler l’affaire avec l’activité humaine et encore moins avec l’irréprochable économie de marché. Bien sûr il n’oublie pas de tourner en dérision tout les courants de pensées anti-libéraux. Alain Madelin a cependant le mérite de nous rappeler une des caractéristiques primaires de l’être humain ; à savoir : donner du crédit aux informations qui l’arrangent, et au contraire à dénier celles qui lui déplaisent. Heureusement l’éducation tend à faire de nous des êtres « civilisés » et dotés d’une raison.

Le problème c’est qu’il n’est pas le seul à s’être posé la question de l’existence du réchauffement climatique. A vrai dire, cela fait plus de 20 ans que la communauté internationale se l’est posée à plusieurs reprises et a crée le GIEC, qui en est maintenant à son 4ème rapport. Pour rappel, il s’agit d’une réunion de scientifiques ouverte à tous (à la seule condition d’avoir publié dans une revue scientifique les travaux que l’on veut soumettre) et tous les pays du monde peuvent y participer, aux travers de toutes les spécialités concernées par la climatologie (qui, de par sa complexité, n’est pas une discipline à proprement dit mais plutôt un rassemblement de disciplines). Ils réalisent alors une synthèse de toutes ces publications scientifiques sur le réchauffement climatique, les favorables comme les contradictoires.

C’est après un processus de relectures multiples et de contres expertises que le rapport est établit. Cela étonnera peut-être notre ex-ministre préféré mais le consensus est très largement partagé sur deux propositions :

  • La concentration de l’atmosphère en CO2 est plus élevée qu’elle ne l’a été sur les 650.000 dernières années.
  • Cette augmentation va entraîner un changement climatique

Mais après tout, peut-être qu’un jour nous aurons droit à une commission intergouvernementale des éminents négationnistes qui, se basant sur des « on dit », viendront renverser la tendance. En attendant, force est de constater que, selon un sondage ipsos, 84% des français croient au réchauffement climatique et 77% savent qu’il est « scientifiquement prouvé ». Laissons donc les clowneries à la bande à Allègre ;-) .

Pour plus d’info sur le GIEC et son fonctionnement, rendez vous sur le superbe article de Jancovici à ce sujet. Si vous voulez creuser un peu la vidéo c’est sur le blog du très effronté SuperNo que ça se passe. Et pour finir, si vous vous intéressez au mouvement grandissant du climato-septicisme voici une interview du Monde plutôt intéressante.




Nouveaux débats sur la taxe carbone? Alain Grandjean en rappelle les points centraux

12 01 2010

Il y a quelques jours, la taxe carbone, pardon, la contribution climat-énergie a été recalée devant le Conseil Constitutionnel. Alain Grandjean nous donne alors son point de vue sur cette décision ainsi que sur l’enjeu de la taxe elle-même. Son argumentaire s’axe sur deux points essentiels:

Tout d’abord, la décision du conseil risque de pénaliser cette mesure. En effet, celle-ci sera surement, après révision, plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. Celle-ci avait déjà subi plusieurs opérations après sa sortie de la commission Rocard. Ces modifications ont été engagé car la loi semblait initialement injuste dans son application. Alain nous rappelle alors un point capital: ce sont les personnes les plus démunies qui risquent de souffrir le plus des effets du changement climatique. Une mesure visant à lutter contre ce dernier est alors fondamentalement juste. Evidemment, sa mise en pratique risque d’en léser certains. Mais une trop grande complexification de la loi nuit à sa transparence. M. Grandjean signale donc qu’il est important de trouver un équilibre.

Dans un second temps, il rappelle l’enjeu principal de la nouvelle taxe. Ou plutôt, il rappelle le point central à son efficacité. Il s’agit d’une loi évolutive. En effet, même si 17euros la tonne de carbone sonne déjà déplaisant pour le portefeuille, les experts montrent clairement que son effet ne sera réel que si celle-ci finit par atteindre un montant de l’ordre de 100euros la tonne (ce qui est le cas par exemple en Suède). Il est donc bon de rappeler que ce point est essentiel et doit être sérieusement pris en compte dans les futurs débats.




Oubliez Copenhague, rendez-vous à Mexico

11 01 2010

Ce qui devait être le sommet international le plus important de l’humanité apparait à présent aux yeux de tous comme un échec sans précédent. Après presque deux semaines de rencontres entre négociateurs internationaux, les politiques ont donné le coup de grâce en accouchant d’un « accord » sans aucune contrainte claire ou chiffrée. Certains, notamment Gordon Brown, dénoncent la rencontre comme ayant « été prise en otage » par une poignée d’états (à peu de chose près le G7) qui n’étaient clairement pas prêts à concéder quoique ce soit.

Tout les regards étaient, bien évidement, tournés vers les Etats-Unis. Malheureusement les propositions d’Obama furent très insuffisantes et ont surement sonné le glas de la rencontre. Après un long discours plein de belles paroles sur les enjeux du réchauffement climatique, le président américain a évoqué une éventuelle réduction de 4% des émissions de GES des Etats-Unis pour 2020 là ou le GIEC préconise au pays du premier monde une réduction de 30 à 40%. Le plus marrant de tout cela c’est qu’en annonçant les objectifs de réductions pour les USA, il a parlé de 17%, sans mentionner 2005 comme année de référence. Sans doute pour créer la confusion avec les réductions basées sur 1990 dont tout le monde parle. On s’attendait à un peu plus d’honnêteté de la part de celui qui devait redonner de l’espoir au monde.

La Chine de son côté n’attendait que la déclaration des USA pour se dédouaner de toute responsabilité. Mais plus encore, elle a clairement fait comprendre que sa croissance n’était pas négociable. Normal me direz-vous, quand on sait que la Chine prend, depuis 20 ans, sa revanche contre l’occident grâce à son économie fleurissante. Poussant l’hypocrisie à son paroxysme, l’empire du milieu n’a pas totalement fermé la porte aux objectifs chiffrés mais s’est contenté de refuser catégoriquement tout éventuel contrôle de la communauté internationale.

Du côté français, comme à son accoutumé, nous avons eu le droit à un grand numéro de Sarkosisme. C’est en expert en marketing (pour changer !) qu’il s’est en effet « représenté » sur la scène du Bella Center. Il se disait prêt à « sauver le monde ». Rien n’en fût. Les beaux discours allaient bon train mais à l’image d’Obama pour les USA, nous n’avons obtenu aucun objectif chiffré derrière la dernière couche de blabla.

L’accord final est donc composé de 3 pages comprenants 2 points essentiels :

  • Un accord de principe sur le fait que l’humanité doit maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C.
  • Un engagement politique sur la création d’une aide aux pays les plus menacés par le réchauffement climatique à hauteur de 30 milliards de dollars sur trois ans aujourd’hui et 100 milliards à l’horizon de 2050. La question de qui va payer et comment reste évidement sous silence. Autrement dit : « demain on rase gratis ». Mais au moins l’énoncé de grosses sommes rassure les plus incrédules et donne bonne conscience. A titre de comparaison le budget annuel de la France tourne autour des 400 milliards d’euros.

En fin de compte, aucun objectif chiffré n’a été envisagé autant pour 2020 que pour 2050. Les Etats devront simplement proposer individuellement un objectif symbolique pour 2010 avec aucune consigne particulière, même pas l’utilisation d’une date de référence commune.

En guise de consolation, il est cependant à noter que jamais une réunion internationale n’a réuni autant de chefs politiques (ils étaient 28) et jamais les ONG n’ont été aussi présentes que lors de cette rencontre. Il est également intéressant de relativiser la nécéssité d’un accord juridique contraignant. Prenons comme exemple Kyoto. Souvent montré comme une référence en la matière, la réalité est loin d’être si glorieuse : les Etats-Unis ne l’ont jamais ratifié, la Russie l’a fait avec huit ans de retard, l’Australie dix et qui plus est les engagements de réduction de nombreux pays n’ont jamais été satisfaits par de nombreux pays (Canada, Australie, Espagne, Grèce, Danemark, Japon, Finlande, Portugal, Autriche…). Pour avoir un ordre de grandeur, les objectifs annoncés de Kyoto était, grosso modo, de réduire les émissions de GES de 7%, la réalité en fût tout autre car, depuis 1990, elles ont environ augmenté de 40%. On peut donc ici émettre de sérieuses réserves quant à l’efficacité d’un accord juridique contraignant. Encore une fois la vraie bonne question est de savoir quelles sont les possibilités qu’ont les dirigeants de ce monde à forcer les consommateurs et les producteurs, c’est-à-dire nous, à revoir leurs mode de vie.

Quoi qu’il en soit, il est à présent inutile de se lamenter plus longtemps sur notre triste sort. Je vous donne maintenant rendez-vous à la rencontre de Mexico en espérant qu’elle sera le théâtre d’un peu plus de courage politique.

Bonus : L’accord (en pdf) tel qu’il a été signé à Copenhague.

Pour approfondir : Les points de vue sur la rencontre de J.-M. Jancovici, Hervé Kempf et Florent Baarsch.




Il n’est pas trop tard pour signer l’ultimatum climatique

6 12 2009

Alors que demain commence les négociations de Copenhague, il vous reste encore quelques jours pour signer l’utlimatum climatique.

http://www.copenhague-2009.com/

En bonus je vous propose cette vidéo, plutôt bien faite.





Un américains sur deux s’estime éco-citoyen

25 11 2009

Il paraîtrait que nos amis d’outre atlantique ont très largement l’impression d’avoir une attitude écolo responsable. Voilà ce que délivrait en substance un article de la très intéressante revue TerraEco. Paradoxal, me direz-vous ! Surtout lorsque que l’on sait qu’un américain émet en moyenne 19,6 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par an alors qu’un européen en émet 9 et un kenyan 0,29 (pour rappel le Giec préconise 1,7t.eqCO2/an/hab).

Mais pourquoi sont-ils si optimistes ? Difficile à dire. J’imagine, en premier lieu, que le manque de repères chiffrés élémentaires sur les émissions a sûrement une grande importance. Mais au-delà de ça, je pense aussi que l’on a ici une parfaite illustration d’un effet pervers de la sphère écolo qui s’est développée ces dernières années. En effet, à force de faire la promotion des « éco-gestes », on pourrait presque finir par croire qu’ils sont la solution à tous les maux.

On parle sans cesse de recyclage, d’ampoules basse consommation ou encore de compensation carbone. Mais que savons nous réellement du potentiel de ces pratiques « vertes » ? Elles occupent le premier plan de l’espace médiatique mais pour les connaisseurs, nous sommes loin de pouvoir prétendre atteindre l’objectif du Giec (rappelé plus haut). Ce que je veux dire c’est que sans remises en question des vrais problèmes de notre quotidien il est difficile d’y voir clair. Nous avons pris pour acquis bon nombre de pratiques qui ne devraient pas l’être.

Cependant, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les éco-gestes ont également et majoritairement de réelles vertus. Il aident à la prise de conscience, mettent sur le devant de la scène des excès, permettent d’importantes économies d’énergies (ou de matières premières) et j’en passe… Je voulais simplement mettre le doigt sur un effet pervers qui sème la confusion dans les esprits de chacun ; et sans doute de ces américains qui encore une fois jouent le rôle de tête de turque.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’un américain, un européen ou tout autre citoyen du premier monde, aussi « écolo » qu’il soit, ne pourra s’extraire de son mode de vie excessivement consommateur. Même avec tous les efforts du monde . Le véritable challenge résulte plus de la réorganisation de notre civilisation autour d’une plus grande sobriété. A nous maintenant de nous mobiliser collectivement afin de  mettre en place des solutions réelles et de briser des mythes qui perdurent depuis bien trop longtemps.




Le projet de taxe carbone en 2 mots

2 08 2009

On en entend beaucoup parler en ce moment, le gouvernement discute l’instauration d’une contribution énergie-climat, plus communément appelée taxe carbone (cf. LeMonde.fr, actu-environnement ou encore Cdurable.info). Ce projet, initialement proposé par la fondation Nicolas-Hulot, a un but transparent: inciter ménages et entreprises à consommer moins d’énergie émettrice de CO2 en y appliquant un impôts.

Concrètement, cette taxe devrait s’appliquer uniquement aux énergies fossiles, au moins dans un premier temps. La question de l’électricité reste encore débattue. Elle devrait imposer non seulement aux particuliers mais également aux entreprises de taille moyenne (c’est-à-dire non déjà soumis aux quotas européens) un coût de 32 euros la tonne de CO2. Les estimations chiffrées de son coût restent encore vagues, mais on estime qu’il s’élèverait en moyenne à 160 euros par an et par ménage.

Le gouvernement insiste cependant sur le fait que cette taxe n’est pas un nouvel impôts visant à renflouer les caisses de l’état. En effet il prévoit une redistribution complète des prélèvements. Les méthodes de distributions sont encore très discutées. Cela irait d’un « chèque vert » accordé aux ménages dont l’isolement force un usage plus fréquent de la voiture à des réductions de charge patronale pour certaines entreprises.

Depuis la diffusion du rapport du consensus d’expert présidé par Michel Rocard, cette idée a été accueillie avec un enthousiasme plus que modéré. En effet, des associations de consommateurs, aux confédérations de petites entreprises en passant par certains responsables politiques UMP, beaucoup pestent contre ce nouvel impôt, peu souhaité en période de crise (cf. LeMonde.fr). D’autres tels que Mr. Cohn-Bendit restent très optimistes sur le caractère « révolutionnaire » de cette nouvelle taxe (cf. LeMonde.fr).




La Loi Grenelle 1 commentée

31 07 2009

Après un long processus entamé en 2007, le projet de loi Grenelle 1 a été adopté définitivement par le Parlement le jeudi 23 juillet. Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement (FNE) réagit.

Composé de 57 articles, le texte est une loi d’orientation qui regroupe un ensemble d’engagement et d’objectifs généraux à moyen et long terme dans les domaines du bâtiment, de l’énergie, des transports, de la biodiversité ou encore pour la gestion des déchets, la santé et la gouvernance.
Les objectifs les plus marquants sont de porter la part des énergies renouvelables à au moins 23 % de la consommation d’énergie finale de la France d’ici à 2020, réduire les consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’au moins 38 % d’ici à 2020, réduire, dans le domaine des transports, les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici à 2020, d’atteindre ou de conserver d’ici à 2015 le bon état écologique des masses d’eau conformément à la directive cadre sur l’eau, augmenter la surface agricole utile en agriculture biologique à 6 % en 2012 et 20 % en 2020, réduire la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant pendant les cinq prochaines années…

Plus d’information sur actu-environnement.com

Communiqué de presse de FNE

Le texte Loi Grenelle 1




Ecofont, la police à trous

30 03 2009

Petite trouvaille amusante, ecofont est une police micro-perforée et libre de droit qui permet d’économiser jusqu’à 20% de la consommation d’encre d’une imprimante. L’intérêt principal réside dans le fait que en dessous d’une taille de 15, les petits trous sont invisibles à l’oeil nu. Même si l’économie potentielle n’est pas extra-ordinaire, l’initiative a le mérite d’être amusante et permettra au plus écolo d’entre nous de se faire remarquer.

Pour plus d’info rendez vous sur le site d’ecofont ou de l’agence Spranq qui est à l’origine de cette invention.




Nous resterons sur Terre, en salle le 8 avril

28 03 2009

 

« Les changements climatiques inquiètent, les espèces s’éteignent, les ressources s’épuisent, les villes s’étendent… »

Voici le leit motiv qui a poussé Olivier Bourgeois et Pierre Barougier à réaliser le film Nous resterons sur Terre qui sort le 8 avril prochain. Après avoir vu la bande annonce, la première chose qui saute aux yeux c’est sans doute la beauté des images et la qualité de la réalisation de ce film. Pas moins 5 années de production dans 21 pays et 60 heures de rush réparties sur 45 semaines de tournage ont été nécessaire à l’élaboration de ce projet. La bande son très accrocheuse est signée par Ludovic Bource.

Mais bien plus qu’une simple oeuvre esthétique, ce documentaire se veut didactique et révélateur. Pour ce faire le réalisateur s’est entouré de plusieurs grandes personnalités. L’environnementaliste James Lovelock, le philosophe Edgar Morin et les Prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev et Wangari Maathai ont ainsi activement participé au projet. Le réalisateur a également souhaité « laisser à chacun la liberté d’évaluer le degré d’urgence sur une seule certitude : Nous resterons sur Terre« .

On attend donc avec impatience la sortie du film le 8 avril prochain.

Pour plus d’info rendez-vous sur le site officiel de Nous resterons sur Terre.






Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes