Eco-conduite: encore un truc d’écolo ?

29 06 2010

L’éco-conduite, encore un truc d’écolo ? Selon les théories de Monsieur Harpagès, pas vraiment. C’est plutôt du « polluer moins mais durablement ». La meilleure éco-conduite, c’est bien sûr de laisser sa voiture au garage, ou encore mieux, ne pas avoir de voiture du tout.

Mais dans la société d’aujourd’hui, beaucoup ne peuvent se passer de leur voiture. Des zones, souvent périurbaines ou rurales, sont difficilement accessibles autrement. Des solutions innovantes restent à trouver pour se genre de zone.

Supposons donc que vous devez prendre votre voiture. Vous pouvez tout de même faire un geste pour l’environnement, ou pour votre portefeuille. Le « éco » d’éco-conduite peut désigner écologique ou économique, on rentre bien dans le développement durable (on a même le côté social avec l’aspect plus sécuritaire de cette conduite). Mais ici on va juste parler de bon sens.

Et oui, pourquoi consommer plus sans forcément gagner du temps ? Le plus flagrant est sûrement en ville : combien de fois son voisin de feu rouge démarre en trombe et on le retrouve 200m plus loin à un autre feu ? Il a vraisemblablement consommé 30 à 50% de carburant en plus !

Personnellement, en adoptant les techniques d’éco-conduite bien connues, je suis passé de 7,5 à 6L/100km. Et en étant très doux sur le champignon, je descends à 5,8L/100km. L’essentiel des techniques sont ici

Ces techniques se basent simplement sur le rendement du moteur. Pourquoi rouler à 60km/h en 3ème alors qu’à la même vitesse en 5ème, on consomme jusqu’à 20% de moins ? Il faut souvent combattre des idées reçues de vielles dates : en bas régime, j’encrasse mon moteur. C’est FAUX, sauf peut-être si vous roulez encore en R5.

Avez-vous déjà entendu en auto-école quand on cale : « hop, un litre d’essence ! » ? Allumer son moteur coûte certes de l’énergie, mais pas plus qu’un moteur tournant à l’arrêt pendant 5 secondes avec les voitures d’aujourd’hui. Conclusion, au feu rouge, coupez le moteur.

La mise en mouvement du véhicule est, elle, très coûteuse en énergie. Avez-vous remarqué que votre ordinateur de bord n’indique pas votre consommation instantanée en dessous d’environ 20km/h ? Tout simplement car les chiffres explosent les données constructeurs de l’ordre de 4-10 L/100km. Il ne faut pas choquer! En démarrage en côte, on peut atteindre les 90L/100km !! Mais ce chiffre n’a pas vraiment de sens car l’accélération est courte en distance.

Conclusion de cela, évitez les différentiels de vitesse (gardez une vitesse constante), et évitez l’arrêt du véhicule : par exemple, en approchant d’un feu rouge, levez le pied de sorte que le feu passe au vert avant de s’arrêter. Tout cela demande beaucoup d’anticipation, et c’est très bon pour la sécurité.

Tout ça ne va pas dans le sens du fun driving des pubs de constructeurs automobiles. Tant pis. Alors roulez zen !




Entretien avec Didier Harpagès : vers une société de sobriété volontaire?

21 06 2010

Le Blog du DD lance sa nouvelle rubrique Célébri’DD ! Au fil des mois, nous vous y proposerons des interviews de personnalités travaillant à repenser notre société, que nous avons repérées au travers de nos recherches dans les différentes publications spécialisées. En espérant qu’ils seront vous intéresserons autant que nous.

Pour cette première, Didier Harpages, professeur de science économique et sociale, objecteur de croissance et détracteur du développement durable, a eu la gentillesse de nous accorder une interview. Il est notamment co-auteur du « Temps de la décroissance » avec l’économiste Serge Latouche. Partant du constat simple qu’une « croissance infinie sur une planète finie » est impossible, il propose de bâtir un nouveau mode de fonctionnement qui ne serait plus basé sur une économie de croissance perpétuelle.  Il s’agit d’un changement radical de paradigme !

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LeblogduDD : Quels seraient les principaux changements à effectuer pour remédier aux crises actuelles (sociale, économique et environementale) ?

D.Harpages : Il conviendrait de changer de modèle. C’est une révolution des idées et des pratiques qu’il faut envisager. Nous devons extraire de nos têtes certaines valeurs auxquelles nous nous référons et quelques normes encombrantes qui déterminent une partie de nos actions depuis longtemps. Les occidentaux défendent une conception du Monde qui se veut universelle mais ils se trompent. D’autres sociétés humaines ont ou ont eu un mode de fonctionnement différent de celui imposé par les sociétés occidentales. Si les sociétés traditionnelles, celles que l’on a qualifié d’archaïques et plus tard de sous-développées, nous ont emboîté le pas c’est parce qu’elles n’avaient pas d’autres choix. Claude Levi Strauss l’avait très bien démontré au début des années cinquante. Avec la colonisation et aujourd’hui la mondialisation, le développement capitaliste a engendré une occidentalisation du monde. Nous devons rompre avec cette logique. Il nous faut donc procéder à ce que Serge Latouche appelle une décolonisation de nos imaginaires. Nous devons penser autrement, nous défaire de l’empreinte économique afin de ne pas oublier l’empreinte écologique. Nous ne devons plus raisonner comme le font les économistes et le rejet de la compétition, de la concurrence, de la performance, de l’efficacité, de la démesure, de la recherche obsessionnelle d’une plus forte productivité et d’une plus grande production devient indispensable car nous savons qu’à ce jeu-là il y aura des perdants, des laissés pour compte, des naufragés de la modernité. Le projet de la décroissance devra s’inscrire hors de la nécessité. Devons-nous « décroître » uniquement en raison d’une baisse spectaculaire et inquiétante de l’ensemble des ressources naturelles ? Certes ! Mais je pense qu’il faudra rendre la décroissance désirable et pas simplement nécessaire !

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Retrouver l’intégralité de l’interview en format PDF en téléchargement libre ou dans la suite de l’article.

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Viva la Vélorution !

1 06 2010

Il y a de cela quelques semaines, Antonin et moi-même avons participé à une Vélorution ! Derrière ce nom barbare, se cache en réalité une sympathique association qui milite pour la réappropriation de l’espace urbain par les transports écologiques. Mais aujourd’hui, si nous avons utilisé ce terme, c’est pour désigner l’une des manifestations qui sont organisées tout les premiers samedi du mois dans plus de 25 villes de France.

Le but de ces protestations est de créer une masse critique, qui, ayant atteint une certaine taille, permet à un rassemblement de cyclistes de s’imposer dans la circulation comme ne peut le faire un vélo isolé. Si une masse critique bloque la circulation automobile en créant un embouteillage non-polluant c’est pour mieux se faire entendre, et mettre les automobilistes dans la situation habituelle du cycliste : celle de passer au second plan et de subir les choix des autres.

Ainsi, armés de nos simples vélos, nous avons donc rejoins le cortège pour participer à la création de cette masse. Calme et décontraction étaient de rigueur parmi les joyeux cyclistes. Malheureusement, notre manifestation pacifique n’a pas vraiment fait l’unanimité auprès de tout les usagers de la route. En effet, les automobilistes mécontents n’ont pas manqué de nous faire part de leurs réactions. Et là, sans vous surprendre, nous avons eu à faire à une animosité plus que féroce. Provoquer un ralentissement d’une poignée de minutes nous a couté un nombre incalculable d’insultes et d’altercations en tout genre.

En réalité, l’expérience a même dépassé toute nos prévisions. Les revendications des vélorutionneurs nous ont alors paru d’autant plus justifiées que notre pratique du vélo à Paris nous avait déjà amené à constater la suprématie des véhicules motorisés. Alors que Delanoë s’apprète à lancer un nouveau « plan vélo », on est en droit d’espérer qu’au delà des kilomètres de pistes cyclables en plus, les modes de transport alternatifs gagnent enfin un peu plus de considération sur la voirie publique.

Ps : L’association Vélorution organise toute les semaines des ateliers réparations gratuits à divers endroit dans Paris et dans d’autres villes de province. Pour plus d’info : le site de la Vélorution !

Bonus : un petit Web reportage de la chronique sans carbone sur la Mecque du vélo : Amsterdam.






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