L’abandon de la taxe carbone sonne le glas de l’écologie de droite
25 03 2010
Fillon l’avait annoncé, Sarkozy l’a confirmé, la mesure phare du Grenelle de l’environnement a été mise au placard. La défaite de la droite aux Régionales a sans doute été trop lourde. Le président a donc réagi en revenant aux fondamentaux de son corps de métier : le libéralisme tous azimuts.
Alors qu’à peine quelques jours plus tôt les candidats UMP juraient que l’écologie n’était pas l’apanage de la gauche, le gouvernement nous donne aujourd’hui la certitude du contraire. Et c’est le Medef qui semble avoir eu le dernier mot, dixit Chantal Jouanno, au nom de la compétitivité, du libre marché et du retour de la croissance (promise depuis si longtemps).
La leçon tirée des élections de mi-mandat par le Conseil des ministres semble avoir été claire : les écolo-friendly ne votent de toute façon pas à droite ; alors pourquoi s’entêter à essayer de les séduire ? Si le résultat du scrutin de dimanche dernier pouvait en parti donner raison à cette théorie, l’exécutif replonge sa stratégie dans des tactiques politiciennes de bas étage et met fin à ce qui aurait pu être un progrès indéniable vers une économie plus soutenable.
Il est vrai que le revers infligé par le Conseil Constitutionnel l’hiver dernier avait semé le doute dans l’opinion publique. Mais ne nous y trompons pas, les sages ont dit non sur la forme du texte de la droite, qui au passage exemptait les 1000 entreprises les plus polluantes de France (sans doute au profit de la fameuse compétitivité décidément obsessionnelle), mais oui sur le fond du principe de taxation progressive et planifiée des énergies fossiles.
Alain Grandjean disait hier sur son blog « La crise pétrolière frappe à nos portes, les ménages et les entreprises ne se préparent pas assez vite et continuent à être infantilisés par des promesses qui ne seront pas tenues ». Je crois que la formule résume admirablement bien notre situation actuelle. Il devient de plus en plus urgent de nous adapter aux contraintes physiques qui nous entourent et que nos dirigeants fassent preuve d’un peu plus de courage politique.
Malheureusement, et à la suite de la déclaration de Sarkosy durant le salon de l’agriculture, il ne fait maintenant plus de doute que notre président a choisi son camp. L’immobilisme et le libéralisme effrénés sont à nouveaux ses étendards de prédilection. Pour satisfaire son électorat, Sarkozy a sacrifié ce qui aurait pu être une des plus grandes avancées vers une politique économique durable.









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