Où en est le climato-septicisme ?

25 01 2010

Je me demande souvent si, après tout le tapage médiatique et populaire auquel on assiste, il y a encore des gens qui pourraient mettre en doute le réchauffement climatique. Force est de constater que oui. Les 2 minutes 30 secondes de la vidéo ci-dessus en sont la preuve irréfutable. Préparez-vous psychologiquement parce que c’est du lourd. Alain Madelin, politicien ultra-libéraliste, qui a complètement disparu du paysage politique français (mais qui fut notamment ministre sous Juppé mais démissionna rapidement car la politique du gouvernement n’était pas assez libérale à son goût), nous raconte sa vision du réchauffement climatique.

A l’entendre toute cette histoire serait plus que douteuse ! Quand bien même le réchauffement climatique serait une réalité, il a du mal à corréler l’affaire avec l’activité humaine et encore moins avec l’irréprochable économie de marché. Bien sûr il n’oublie pas de tourner en dérision tout les courants de pensées anti-libéraux. Alain Madelin a cependant le mérite de nous rappeler une des caractéristiques primaires de l’être humain ; à savoir : donner du crédit aux informations qui l’arrangent, et au contraire à dénier celles qui lui déplaisent. Heureusement l’éducation tend à faire de nous des êtres « civilisés » et dotés d’une raison.

Le problème c’est qu’il n’est pas le seul à s’être posé la question de l’existence du réchauffement climatique. A vrai dire, cela fait plus de 20 ans que la communauté internationale se l’est posée à plusieurs reprises et a crée le GIEC, qui en est maintenant à son 4ème rapport. Pour rappel, il s’agit d’une réunion de scientifiques ouverte à tous (à la seule condition d’avoir publié dans une revue scientifique les travaux que l’on veut soumettre) et tous les pays du monde peuvent y participer, aux travers de toutes les spécialités concernées par la climatologie (qui, de par sa complexité, n’est pas une discipline à proprement dit mais plutôt un rassemblement de disciplines). Ils réalisent alors une synthèse de toutes ces publications scientifiques sur le réchauffement climatique, les favorables comme les contradictoires.

C’est après un processus de relectures multiples et de contres expertises que le rapport est établit. Cela étonnera peut-être notre ex-ministre préféré mais le consensus est très largement partagé sur deux propositions :

  • La concentration de l’atmosphère en CO2 est plus élevée qu’elle ne l’a été sur les 650.000 dernières années.
  • Cette augmentation va entraîner un changement climatique

Mais après tout, peut-être qu’un jour nous aurons droit à une commission intergouvernementale des éminents négationnistes qui, se basant sur des « on dit », viendront renverser la tendance. En attendant, force est de constater que, selon un sondage ipsos, 84% des français croient au réchauffement climatique et 77% savent qu’il est « scientifiquement prouvé ». Laissons donc les clowneries à la bande à Allègre ;-) .

Pour plus d’info sur le GIEC et son fonctionnement, rendez vous sur le superbe article de Jancovici à ce sujet. Si vous voulez creuser un peu la vidéo c’est sur le blog du très effronté SuperNo que ça se passe. Et pour finir, si vous vous intéressez au mouvement grandissant du climato-septicisme voici une interview du Monde plutôt intéressante.




Le GIEC peut-il se tromper sur le climat?

22 01 2010

La température moyenne de la Terre augmente, c’est un fait. Mais serait-il possible que nous n’y soyons pour rien? Après tout, le climat a déjà par le passé été modifié, et cela pour des raisons aucunement liées à l’activité humaine, puisque ce fut il y plus de 100 000 ans.

Une équipe de chercheur du NCAR (National Center for Atmospheric Research) s’est penchée sur l’étude d’un de ces changements passés (cf. futura-sciences.com). Il y a quelques centaines de milliers d’années, la terre avait connu plusieurs périodes de hausse de température de 1.5°C et du niveau des océans de plus de 30 mètres. Et la raison de ce dérèglement est étonnante: un pont de glace s’est formé entre la Russie et l’Alaska. Le détroit de Bering, large de 80km, permet le passage de courants océaniques permettant de réguler les flux de chaleur. Et cela a suffit à modifier le climat à l’échelle planétaire!

Que peut-on retenir de cette étude? Et bien il s’agit d’un exemple (parmis d’autres) du caractère fragile de l’atmosphère. Les physiciens appellent cela un système chaotique: une perturbation mineure peut induire des changements à grande échelle. C’est d’ailleurs pour cette raison que les experts du GIEC ne parviennent pas à prédire ce qui se passerait si l’augmentation de la température de la terre dépassait les 2°C. Des modèles précis sont en effet difficiles à obtenir car un petit changement dont on aurait pas tenu compte pourrait modifier drastiquement le résultat.

Alors me direz-vous, le changement actuel pourrait ne pas être du à notre activité? Le GIEC rétorquerait que les difficultés sont majeures pour prédire l’effet d’une hausse de 2°C, mais l’implication de l’activité anthropique est un constat de plus en plus certain. « Mais il reste des incertitudes » se défendent certains climato-sceptiques. La réponse est évidemment oui. Ne serait-ce que parce que les incertitudes sont toujours présentes en science. Mais même en restant sceptique, compte tenu de l’extrême fragilité du climat, la conclusion devrait naturellement être: « Il reste des incertitudes, raison de plus pour agir! ».

Penser que l’activité humaine pourrait perdurer sans perturber le climat est réellement un pari plus que risqué!




Nouveaux débats sur la taxe carbone? Alain Grandjean en rappelle les points centraux

12 01 2010

Il y a quelques jours, la taxe carbone, pardon, la contribution climat-énergie a été recalée devant le Conseil Constitutionnel. Alain Grandjean nous donne alors son point de vue sur cette décision ainsi que sur l’enjeu de la taxe elle-même. Son argumentaire s’axe sur deux points essentiels:

Tout d’abord, la décision du conseil risque de pénaliser cette mesure. En effet, celle-ci sera surement, après révision, plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. Celle-ci avait déjà subi plusieurs opérations après sa sortie de la commission Rocard. Ces modifications ont été engagé car la loi semblait initialement injuste dans son application. Alain nous rappelle alors un point capital: ce sont les personnes les plus démunies qui risquent de souffrir le plus des effets du changement climatique. Une mesure visant à lutter contre ce dernier est alors fondamentalement juste. Evidemment, sa mise en pratique risque d’en léser certains. Mais une trop grande complexification de la loi nuit à sa transparence. M. Grandjean signale donc qu’il est important de trouver un équilibre.

Dans un second temps, il rappelle l’enjeu principal de la nouvelle taxe. Ou plutôt, il rappelle le point central à son efficacité. Il s’agit d’une loi évolutive. En effet, même si 17euros la tonne de carbone sonne déjà déplaisant pour le portefeuille, les experts montrent clairement que son effet ne sera réel que si celle-ci finit par atteindre un montant de l’ordre de 100euros la tonne (ce qui est le cas par exemple en Suède). Il est donc bon de rappeler que ce point est essentiel et doit être sérieusement pris en compte dans les futurs débats.




Oubliez Copenhague, rendez-vous à Mexico

11 01 2010

Ce qui devait être le sommet international le plus important de l’humanité apparait à présent aux yeux de tous comme un échec sans précédent. Après presque deux semaines de rencontres entre négociateurs internationaux, les politiques ont donné le coup de grâce en accouchant d’un « accord » sans aucune contrainte claire ou chiffrée. Certains, notamment Gordon Brown, dénoncent la rencontre comme ayant « été prise en otage » par une poignée d’états (à peu de chose près le G7) qui n’étaient clairement pas prêts à concéder quoique ce soit.

Tout les regards étaient, bien évidement, tournés vers les Etats-Unis. Malheureusement les propositions d’Obama furent très insuffisantes et ont surement sonné le glas de la rencontre. Après un long discours plein de belles paroles sur les enjeux du réchauffement climatique, le président américain a évoqué une éventuelle réduction de 4% des émissions de GES des Etats-Unis pour 2020 là ou le GIEC préconise au pays du premier monde une réduction de 30 à 40%. Le plus marrant de tout cela c’est qu’en annonçant les objectifs de réductions pour les USA, il a parlé de 17%, sans mentionner 2005 comme année de référence. Sans doute pour créer la confusion avec les réductions basées sur 1990 dont tout le monde parle. On s’attendait à un peu plus d’honnêteté de la part de celui qui devait redonner de l’espoir au monde.

La Chine de son côté n’attendait que la déclaration des USA pour se dédouaner de toute responsabilité. Mais plus encore, elle a clairement fait comprendre que sa croissance n’était pas négociable. Normal me direz-vous, quand on sait que la Chine prend, depuis 20 ans, sa revanche contre l’occident grâce à son économie fleurissante. Poussant l’hypocrisie à son paroxysme, l’empire du milieu n’a pas totalement fermé la porte aux objectifs chiffrés mais s’est contenté de refuser catégoriquement tout éventuel contrôle de la communauté internationale.

Du côté français, comme à son accoutumé, nous avons eu le droit à un grand numéro de Sarkosisme. C’est en expert en marketing (pour changer !) qu’il s’est en effet « représenté » sur la scène du Bella Center. Il se disait prêt à « sauver le monde ». Rien n’en fût. Les beaux discours allaient bon train mais à l’image d’Obama pour les USA, nous n’avons obtenu aucun objectif chiffré derrière la dernière couche de blabla.

L’accord final est donc composé de 3 pages comprenants 2 points essentiels :

  • Un accord de principe sur le fait que l’humanité doit maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C.
  • Un engagement politique sur la création d’une aide aux pays les plus menacés par le réchauffement climatique à hauteur de 30 milliards de dollars sur trois ans aujourd’hui et 100 milliards à l’horizon de 2050. La question de qui va payer et comment reste évidement sous silence. Autrement dit : « demain on rase gratis ». Mais au moins l’énoncé de grosses sommes rassure les plus incrédules et donne bonne conscience. A titre de comparaison le budget annuel de la France tourne autour des 400 milliards d’euros.

En fin de compte, aucun objectif chiffré n’a été envisagé autant pour 2020 que pour 2050. Les Etats devront simplement proposer individuellement un objectif symbolique pour 2010 avec aucune consigne particulière, même pas l’utilisation d’une date de référence commune.

En guise de consolation, il est cependant à noter que jamais une réunion internationale n’a réuni autant de chefs politiques (ils étaient 28) et jamais les ONG n’ont été aussi présentes que lors de cette rencontre. Il est également intéressant de relativiser la nécéssité d’un accord juridique contraignant. Prenons comme exemple Kyoto. Souvent montré comme une référence en la matière, la réalité est loin d’être si glorieuse : les Etats-Unis ne l’ont jamais ratifié, la Russie l’a fait avec huit ans de retard, l’Australie dix et qui plus est les engagements de réduction de nombreux pays n’ont jamais été satisfaits par de nombreux pays (Canada, Australie, Espagne, Grèce, Danemark, Japon, Finlande, Portugal, Autriche…). Pour avoir un ordre de grandeur, les objectifs annoncés de Kyoto était, grosso modo, de réduire les émissions de GES de 7%, la réalité en fût tout autre car, depuis 1990, elles ont environ augmenté de 40%. On peut donc ici émettre de sérieuses réserves quant à l’efficacité d’un accord juridique contraignant. Encore une fois la vraie bonne question est de savoir quelles sont les possibilités qu’ont les dirigeants de ce monde à forcer les consommateurs et les producteurs, c’est-à-dire nous, à revoir leurs mode de vie.

Quoi qu’il en soit, il est à présent inutile de se lamenter plus longtemps sur notre triste sort. Je vous donne maintenant rendez-vous à la rencontre de Mexico en espérant qu’elle sera le théâtre d’un peu plus de courage politique.

Bonus : L’accord (en pdf) tel qu’il a été signé à Copenhague.

Pour approfondir : Les points de vue sur la rencontre de J.-M. Jancovici, Hervé Kempf et Florent Baarsch.




Aujourd’hui, le dentifrice bio fait maison!

9 01 2010

Voilà un petit article détente. Cette fois pas question de nous lancer dans un grand débat politique ou philosophique. J’aimerais juste vous faire part d’une expérience tout-à-fait originale: faire du dentifrice maison! Pour cela rien de plus simple (ou presque). Rendez-vous en pharmacie munis d’une trentaine d’euros, et achetez-vous l’équivalent d’une dizaine de tube de dentifrice bio. Cette recette permet d’obtenir l’équivalent d’un tube. De la menthe poivrée vous donne l’haleine fraîche, pendant qu’un peu d’extrait de pépin de pamplemousse lutte contre les infections buccales:

« Equipez-vous d’un bol et armez vous d’un mini fouet. Remplissez le bol de 20 g de carbonate de calcium, ajoutez de 2 pointes de couteau de poudre de racine d’iris, 30 g d’argile blanche, 2 g de bicarbonate de soude et 0,8 g de poudre de chlorophylle. Reste à allonger avec de la menthe poivrée bio sous forme d’hydrolat (46 ml) et d’huile essentielle (6 gouttes) ainsi que 25 gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse. Mélangez le tout jusqu’à obtenir un mélange homogène. C’est prêt, régalez-vous! Enfin plutôt transférez-le dans un flacon et vous êtes prêt à nettoyer une haleine de soupe à l’oignon! » (Une recette proposée par Sophie Macheteau).

Autre que le goût d’une expérience farfelue, faire son dentifrice en grande quantité revient peu cher. De plus, vous pouvez le mettre dans un récipient adéquat, ce qui évite de jeter régulièrement les tubes en plastique.




Le charbon et la déforestation, les grands oubliés du débat sur le climat

4 01 2010

Une fois n’est pas coutume, je vous propose une très courte intervention radiophonique de J.-M. Jancovici au sujet des négociations de Copenhague.

Comme bon nombre d’entre vous le savent déjà, cet ingénieur expert en énergie aime mettre le doigt la où ça fait mal. Et cette fois, il s’agit du charbon et de la déforestation qui sont à ses yeux les seuls vrais enjeux climatiques. Sa justification est simple : les stocks de pétrole et de gaz arrivent à épuisement et, compte tenu des quantités restantes, ne représentent pas le plus grand danger.

Intox ou vérité ? Tous les spécialistes en ressources énergétiques semblent lui donner raison. Quoi qu’il en soit, la déforestation représente 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et le charbon reste de loin la plus importante source d’énergie primaire.

Bonne écoute ;-)




Coup de Gueule N°2 : La taxe Carb’ obtient un « DD- » à son examen de droit constit’

2 01 2010

calcul taxe carbone

Quelle histoire !!!! Je ne te raconte même pas … En Septembre j’étais tranquille dans un dossier entre l’Elysée et Matignon et puis normal Fillon et Sarkozy signent en bas de la page et voilà j’existe enfin : l’air libre quoi !!!

Et puis viens la Grippe A, ça va je passe à travers, une bonne écharpe, j’évite le métro, je prends mon 4×4 pour m’isoler des gens de la ville. Y a quelques étudiants écologistes et socialistes de la promo qui viennent m’embêter, les uns taguent ma bagnole avec des slogans pro-écolo et les autres avec « la taxe c’est vraiment trop injuste » comme si j’étais Calimero. Et ils sont allés rapporter au prof de Droit Constit’.

Attends et tu sais pas la meilleure, je te dis même pas, Sarkozy et Fillon sont convoqués par ce professeur, tu sais celui qui boit des tisanes  en cours et joue au bridge en salle des prof’, et benh ils m’ont tamponné un gros « DD - » écrit dessus (en rouge bien sûr), et ils m’ont mis à la poubelle, ensuite ils ont dit à Fillon et Sarkozy « c’est quoi ce torchon ? » et puis il nous ont sorti le grand mot tu sais « anticonstitutionnellement » à la plume bien sûr et ils leur ont demandé de le recopier 100 fois pour le 20 janvier.

Qu’est-ce que tu veux que je fasse hein ??? Que je retourne à l’Assemblée et me coltiner l’opposition, je ne sais pas, je préfère que Sarko et Fillon me recyclent, me mettent un peu au vert quelques jours et puis on verra … j’attends fin janvier pour les rattrapages, de toute façon on ne peut pas changer le jury … Tu dois y aller ?? Bon, on se dit à plus Taxe Pro. Passes le bonjour à Taxe Resto.






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